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Agora Forum printemps 2017: Loisir municipal et intégration

13 mars 2017 — Le numéro printanier d’Agora Forum qui paraîtra dans quelques jours aborde le thème de l’intégration. Bien sûr, il y est question de l’intégration des personnes handicapées dans les activités de loisir et plus particulièrement des enfants ayant des besoins particuliers dans les camps de jour. Mais l’intégration embrasse plus large, comme le montre l’entrevue avec Michel Vallée, directeur du Service des loisirs et de la culture de Vaudreuil-Dorion, dont le programme de médiation culturelle JE SUIS... a reçu le Prix international CGLU – Ville de Mexico – Culture 21 en 2016.

Une autre entrevue, celle-là avec Anne Larose, de l’Université du Québec à Trois-Rivières, porte sur un sujet d’intégration plutôt inusité : « Le loisir public pour venir en aide aux personnes rétablies de l’alcoolisme ».

L’éditorial de Guy Dionne traite de l’intégration dans les camps de jour. Guy se demande si les municipalités sont vraiment outillées pour favoriser l’intégration des enfants vivant avec une différence. Il rappelle les notions de base en provenance de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, qui constituent maintenant la référence, et soulève la question des moyens financiers et de la formation des moniteurs et des accompagnateurs. « Le défi reste difficile et important », souligne-t-il.

À ce chapitre, l’expérience originale de la Ville de Québec est éclairante. Yohann Maubrun, conseiller au Service de la culture, de la vie communautaire et des relations internationales, présente les multiples initiatives de Québec pour favoriser l’inclusion et l’intégration des enfants dans les camps de jour. Il y a le programme d’intégration proprement dit, qui s’applique aux 27 organismes gestionnaires des camps de jour, il y a également une mesure compensatoire pour les enfants issus de familles à faible revenu, il y a enfin le soutien à l’intégration des enfants nouveaux arrivants. Là aussi, on voit plus large que la seule intégration des enfants handicapés.

Pour le professeur André Thibault, qui pose dans le titre de sa réflexion l’objectif de « vivre ensemble égaux et différents », l’intégration implique plusieurs enjeux et nécessite le changement. En loisir, elle emprunte trois avenues : 1) donner accès aux services existants et fournir les moyens nécessaires à toute personne qui serait autrement « discriminée » de vivre son loisir comme toute autre personne; 2) développer une offre de service appropriée à ceux pour qui l’offre actuelle est étrangère, rebutante ou inaccessible; et 3) introduire des éléments d’offre qui, à certains égards, peuvent bousculer les habitudes des usagers majoritaires des services publics. « C’est une tâche complexe, dit-il, qui fait appel à de multiples compétences et s’exerce à plusieurs niveaux. »

Pour leur part, Éric Beauchemin et Gabrielle Germain, de l’Association des camps du Québec, font le point sur la plateforme Vers une intégration réussie, lancée en avril 2015. Ils mentionnent notamment que les questions légales sont au cœur des préoccupations des gestionnaires de camp et que ces derniers sont surtout désireux de connaître leur « marge de manœuvre ».


Marc St-Onge, de l’Association québécoise pour le loisir des personnes handicapées, et Hélène Carbonneau, du Laboratoire en loisir et vie communautaire de l’UQTR, proposent une réflexion un peu plus théorique sur l’intégration. L’article s’intitule « À la recherche d’une participation pleine et entière pour tous ». On y définit ce qu’est l’accessibilité et on invite le lecteur à comprendre les facteurs de participation, qui comprennent l’aménagement de l’environnement physique et social, mais aussi des facteurs intrapersonnels. « La présence d’un leadership à l’égard de la cause de l’accessibilité est un point de départ commun aux diverses pratiques inspirantes », soulignent les auteurs.

Un numéro substantiel une fois de plus, riche et varié!